… après avoir lié les peuples à travers le boomerang, ont décidé de les relier par leurs cultures, ces tableaux livrés dans leur plus simple expression se dévoilent à votre regard.
Tellement loin, mais enfin tellement proche! La France et El Salvador, deux taches colorées parmi d’autres, séparées par une grande étendue bleue : l’Océan Atlantique Nord. Que font-ils, ces gens qui vivent sur une tranche de terre séparant deux océans, deux continents ?
Un jour, Leonardi Signorino dit à Davy Jouanin : « Et si tu allais voir ce qu’ils font ? » En prenant des photos, Davy s’est rendu compte que l’esprit salvadorien est sensible et plein de couleur. Il a découvert une vie dont le charme avait été depuis longtemps oublié de l’autre côté de l’océan. De retour à Lyon il me contacte pour me demander de faire la mise en place d’une exposition d’art populaire salvadorien. Voilà l’histoire.
Notre désir de faire connaître l’art d’El Salvador est issu de cette admiration de la simplicité avec laquelle cet art montre la vie, la vie tout court. Les peintures sont des témoins sensibles d’un vécu d’ailleurs, dont le charme et la fraîcheur ne semblent jamais tarir. Le sensible qu’on trouve dans les toiles à toujours un lien profond avec la nature, parce que c’est avec la nature que l’esprit humain a appris à grandir. On sent la peau rugueuse ou poudreuse des fruits récemment cueillis, l’odeur du café en pleine maturation, le grain de la terre labourée, le vent à odeur de champs verts dans les cheveux et on se dit tout simplement que la vie est là.
Ces peintures n’ont besoin d’aucune histoire de l’art parce qu’elles racontent une histoire… tout court. Chacune raconte une histoire au présent. Et si ces peintures nous donnent à voir des scènes du réel, habituelles pour tout salvadorien, peut-être vont-elles émerveiller quelqu’un qui ne l’a jamais connu, ou bien vont-elles toucher une âme qui l’a vécu jadis,
Leur spécificité picturale réside en premier lieu dans la couleur. Il ne s’agit pas de la force de la couleur elle-même, mais de la puissance des contrastes. Celui qui prédomine est le contraste chaud/froid, souvent entre des plages de bleu intense ou turquoise jusqu’au vert et des plages de jaune, rose, rouge. Et quelque part le schéma reste toujours le même : le beau bleu du ciel d’El Salvador, le vert cru de l’herbe et la chaleur vive du mûrissement des fruits.
FRANCISCO GARCIA ALEMAN, GUILLERMO ARAUJO, MAURICIO ESCOBAR CANAS, BLANCA DE MORAN, SALVADOR GALICIA, ALFREDO RAMOS
Dans les tableaux qu’on veut faire découvrir au public lyonnais on voudrait révéler le regard du salvadorien dans tout ce qu’il a de plus spécifique, car derrière chaque peinture populaire, un masque est caché, un salvadorien qui se donne à voir au regard d’un lyonnais. En filigrane, l’un des thèmes de l’exposition sera donc la correspondance entre ces deux regards, sur la peinture aussi bien que sur le monde.
Cette exposition doit beaucoup à l’ambassadeur d’El Salvador à Paris, Monsieur Joaquin Rodezno, a été le relais pour le transport des oeuvres jusqu’à Lyon, à l’Église Saint Polycarpe, où elles ont été réceptionnées par Michel Durand, président de l’Espace Confluences. Certaines des oeuvres nous ont été prêtées par l’ex-consul français au Salvador, Monsieur Pascal Donnet, ce pour quoi nous sommes reconnaissants.
Nous regrettons que l’Espace Confluences disparaisse après cette dernière exposition. L’ABCA qui a relié les peuples par le boomerang rêvait de les lier par leurs cultures. Nous aurions tant aimé continuer avec la Roumanie… Mais nous recherchons déjà, grâce à Michel Durand, de nouveaux espaces ouverts à tous à Lyon.
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